Samedi 2 août 2008
Bon ben finalement, ce journal censé être là pour vider mes angoisses existentielles ne remplit pas vraiment son oeuvre. Faut croire que je ne suis pas si angoisé que je ne le croyais.

Peut-être pas.

Peut-être que je suis juste un grso flemmard. Hypothèse plus probable.

Quand même aujour'hui, enfin hier soir, je suis retombé dans un travers que je pensais avoir définitivement rayé de la liste de mes comportements défectueux. J'ai couché avec un mec qui ne me plaisiat absolument pas.

Mais alors vraiment pas, je l'avais senti dès le départ en plus. Il a insisité, j'avais envie de baiser, j'ai cédé.

Bien entendu c'était nul. Le mec est moche, mais vraiment moche, petit, gros, un sourire ignoble (il m'a fait pensé à une sorcière), des gros yeux globuleux derrières des lunettes du siècle dernier, non, de celui d'avant encore.

Je lui offre un coca, il attaque sur le boulot. Sur le sien surtout, j'ai droit au parcours professionnel complet... j'ai envie de crier "mais je m'en branle !!!!!" mais non, bien entendu, je l'écoute et je fais semblant de m'intéresser. C'est tout moi ça, faire semblant pour pas vexer.

Ben pareil quand il m'embrasse, j'ai un peu la gerbe face à l'odeur de persillade, mais je dis rien. C'est rare que des mains sur moi ne me fasse pas d'effet, mais c'est arrivé. Bon direct on file dans la chambre qu'on en finisse. Bingo et re bingo, il a une petite bite. Au moins on se démonte pas la machoire en suçant, soyons positif.

Comme j'arrive vraiment pas à le regarder en face, je décide ce soir d'être une grosse passive. Visiblement ça lui plait beaucoup, j'ai bien cru qu'il allait me prendre d'entrée de jeu. Oh là qui va là mon ami !!! D'abord on lèche un peu... bon ça c'est pas mal, je lui concède... la grosse passive ferme les yeux et rêve à quelqu'un d'autre.

Et c'est parti pour la chevauchée pas fantastique. Vraiment petite cette bite... vraiment fine... l'objectif est d ele faire jouir très vite, qu'on en finisse... mais il est long le bougre, et moi lassé, donc je feins une douleur ("oh tu sais, je ne suis pas très endurant, faut qu'on arrête") pour une finition manuelle, par lui hein, je vais pas tout faire non plus.

Bizarrement j'arrive à jouir moi aussi. C'est marrant, mais de plus en plus, quand je baise avec des mecs qui me plaisent vraiment, avec qui ça se passe très bien, je n'arrive pas à terminer. Alors qu'avec les nuls, ça marche à tous les coups.

Je fais super bien semblant quand même. Des fois je me fais peur, en me voyant dans le miroir de mon armoire, en train de penser à ma liste de courses et de donner l'image du mec qui s'éclate comme jamais. Je me vante d'être un mec naturel, mais en fait c'est dans la comédie, le faire semblant, que je suis meilleur. Je me fais peur. Vraiment.

L'affaire finie, douche et rhabillage... et le voilà sur le canapé à vouloir parler. Et à me carresser le bras en me disant que je suis un beau mâle viril comme il les aime, un mec joueur comme il les aime, qu'il a pris un super pied... et moi je réponds rien, je vais pas lui dire qu'il est juste un boulet comme je les aime pas. Je sais pas dire ce genre de choses.

Il part enfin... j'ai envie de rire. Rire de ma connerie, d'avoir accepté ce machin que je savais nul à l'avance. Cette théorie de "laissons lui sa chance, on sait jamais" est vraiment pourrie. Quand on le sent pas, on le fait pas. Je m'étais juré, je me jure encore, sans doute que je me parjurerai à nouveau, malheureusement...
Par L'oeuf
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  • : Célibataire, pédé, perdu dans la campagne et geignard : tout un programme

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