Dimanche 29 juin 2008
J'inspire les confidences. Je crois que je sais écouter, et surtout je n'hésite pas à poser des questions. Je m'intéresse à la vie de mes amis, non pas par esprit de comérage, mais juste parce que leur vie m'intéresse, leur bonheur aussi. Du coup je leur donne des conseils, plus ou moins avisés, mais je ne suis pas du genre à les zapper le jour où ils ne vont pas bien. J'ai pour habitude de commencer un dialogue en leur demandant ce qu'ils ont fait récemment, si le rencars dont je suis au courant s'est bien passé, si la relation qui débute et dont je connais tous les détails se passe bien, si le papa qui a un cancer ne perd pas trop le moral, si les enfants vont bien, et tant d'autres choses que je sais et retiens à partir des dialogues précédents. Je suis sociable quoi. Je suis bien urbain.

Mes amis le savent et n'hésite pas à me contacter ou à m'appeler pour chouiner. Loin de systématiquement les plaindre, je les remue souvent. Mais malgré tout je ne les juge pas, et ils apprécient. Enfin je crois, parce que sinon ils sont carrément masochistes.

Souvent je m'oublie un peu dans ces confidences, dans cette assistance psychologique ou matrimoniale. Quand un ami ne va pas bien et qu'il a envie de m'en parler, je mets de côté mes propres problèmes, j'écoute, je compatis, je secoue un peu les prunes s'il le faut, j'essaie de proposer des solutions aux problèmes. Une vraie Joëlle Mazart.

J'attends en retour que de même, ils suivent un petit peu le déroulé de ma vie, de mes aventures, de mes tracas ou coups de coeur. Ce n'est pas que je l'attende, je ne le fais pas pour obtenir leur reconnaissance éternelle ou quoi que ce soit de cet ordre. Non, ce sont mes amis, je m'intéresse à leur vie, donc forcément ils s'intéressent à la mienne, ça me parait tellement évident.

Force m'est de reconnaître que souvent je me trompe. Aujourd'hui par exemple, j'en ai eu la preuve par deux reprises. Deux déceptions, encore. Deux amis, proches, qui n'ont pas le réflexe de juste me demander comment s'est passée ma soirée. Ca aurait pu me passer bien au dessus du chapeau, et souvent même j'anticipe leur demande et je raconte. Mais là j'ai attendu, j'ai demandé comment s'était passé le repas entre amis dan sle nouvel appartement parisien de l'un, à un autre qui appréhendait un peu de se rendre là-bas. J'ai écouté, je me suis intéressé, et j'ai attendu. Quand le dialogue (sur gmail) en est arrivé aux banalités les plus banales et où j'ai lu "bon ben on dirait que j'ai rien à dire aujourd'hui", là je me suis énervé tout seul. Pas une seconde il n'est venu à l'idée de N qu'une fois son histoire racontée, il pourrait me demander comment mon plan de la veille s'était passé. Déception 1, mais lui je lui ai tout sorti donc je crois qu'il a compris.

Je vois ensuite L, ma melleure amie, que j'ai laissé hier soir pour aller à ce fameux plan. Pareil, elle ne me demande pas, ça ne lui vient même pas à l'idée. Certes nous n'étions pas seus, mais les occasions n'ont pas manqué. Le pire c'est que je la connais, demain ou après-demain elle me fera une mini crise en me demandant ce qu'elle a fait, ce qui cloche, pourquoi je suis froid avec elle. Ce n'est pas la première fois, à chaque fois je crois qu'elle a compris, maisla remise en question ne fait pas partie de ses principales qualités. Elle va me dire que j'aurais du le lui dire.

Mais pourquoi devrais-je quémander en permanence un peu d'attention, un peu d'intérêt pour ma personne ? Pourquoi mes amis n'ont pas conscience que parfois, oui, j'ai envie que l'on me montre un peu d'intérêt, qu'une simple petite question suffit à me faire me sentir que je suis un minimum intéressant, que je ne suis pas seulement le bon coapin qui écoute, mais que parfois je suis aussi le bon copain qui a besoin qu'on le fasse parler.

C'est anodin, c'est un détail, mais je suis très observateur, et les détails ont pour moi beaucoup d'importance. Peut-être que j'attends trop de l'autre, des autres. Peut être que je suis trop exigeant. J'ai une très haute idée de l'amitié. Je suis nul en relation amoureuse, mais je suis putain de bon en relation amicale.

Je fais des compromis, ces deux là seront bien vite pardonnés, cette anecdote oubliée. Pas totalement oubliée. Je ne supporte rien moins que d'être déçu par un ami. Encore un pas en arrière pour mon idéalisme, et un pas en avant pour mon cynisme.
Par L'oeuf
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Profil

  • : L'oeuf
  • oeufmiroir
  • : Homme
  • : 30/09/1974
  • : célibataire amour journal intime rencontre gay
  • : Célibataire, pédé, perdu dans la campagne et geignard : tout un programme

Derniers Commentaires

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un Blog

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus