Je rentre à l'instant de chez Liam. Ce n'est évidemment pas son vrai prénom. Il n'est même pas anglais, c'est un vrai gars du terroir local.
Liam donc, 41 ans, grand, très mince, un peu marqué mais du charme. Contacté sur le net, pas facile à rencontrer le Liam, enfin méfiant un petit peu, compliqué un petit peu aussi (euphémisme).
Il m'avertit qu'on est pas là pour se sauter dessus hein, d'abord on discute. Moi ça me va, c'est tellement mieux de connaître un peu les gens avant de baiser. Oui bon enfin ça dépend, parfois on a
qu'une envie c'est que le mec se taise et se contente d'être beau. Je dis ça comme si je me tapais souvent des beaux mecs, alors qu'objectivment, je collectionne les tâchons, et parfois je tombe
sur des mecs au mieux charmants.
Liam a envie de parler, et bien parlons. Il me propose un whisky, mauvaise pioche, j'aime pas ça. Un coca suffira. Lui se ressert un whisky... oui se ressert, il n'en est visiblement pas au
premier.
Il m'annonce qu'il est timide. Encore un timide qui se cache derrière un débit verbal quasiment ininterrompu. Agréable surprise tout de même, ce qu'il raconte est relativement interressant,
construit, et il me pose des questions. Il marque un point. Rien de pire que le mec qui ne pose pas de questions sur l'autre, genre réponse fermée comme dirait ma connasse de chef, adepte des
entretiens semi-ouverts.
Je suis sur le grand canapé, Liam s'installe sur un fauteuil, de l'autre côté de la table basse. La télé est allumée sans le son, sur Arte, la musique est d'ambiance, une compil maison. Agréable.
Pas mal de livres dans la bibliothèque, quelques dévédés, des vinyls, une capote cadeau-promo trône bien en vue près de la télé.
Ce mec n'est vraiment pas sur de lui. On discute,on sourit, on compare rapidement nos expériences du net, nos histoires personnelles, nos boulots, on fait la conversation quoi. Je le regarde dans
les yeux, il me dit que je l'impressione beaucoup. Il parait que je fais parfois cette impression. Moi, qui me considère d'une insignifiance proche de la transparence, je serais donc impressionant
en fait. Ca me fait rire qu'il me sorte ça... c'est souvent en riant que je réagit quand justement, je ne sais pas comment réagir.
Bon quand même, je vois que je lui plais. Enfin je crois. Il me parle de choses très intimes, de sa malformation de la cage thoracique qui le complexe beaucoup, de son père, de ses crises
d'agoraphobie, de sa thérapie, et il me demande au détours d'une conversation de lui faire un striptease... mais non il plaisante... quoique... de toute façon, je ne me sens pas l'âme d'un
stripteaser alors je garde mon polo hachetmerde déjà informe après un seul lavage. Je suis en jean, avec des tongs. C'est moche, j'aime pas les jeans avec des tongs. J'enlève les tongs et je joue
des orteils sur les pieds de la table basse. J'aime pas les pieds, mais là, je trouve ça sensuel, mais je sais que c'est juste ridicule. Ca lui inspire une anecdote, celle de son ex qui n'avait de
relations sexuelles qu'avec les pieds. Je me demande et lui demande comment on peut rester avec un mec qui jouis en dix minutes en vous carressant les pieds. Il me dit que c'est frustrant... tu
m'étonnes !
Par quatre fois, il ne refusera de venir me rejoindre sur le canapé. C'est trop tôt pour lui. Ce n'est décidemment pas un plan cul comme les autres celui-là. Je me surprends à me dire que ce mec,
torturé, mal dans sa peau, me plait bien. Mais je me demande tout de même si on va finir par baiser ou pas.
Deux heures qu'on parle. Il finit par me rejoindre et soulever mon polo pour carresser mon ventre. J'adore. C'est mon côté chien, ou chienne, j'adore qu'on me caresse le ventre. Rapidemment il
m'ouvre la braguette. Je lui chope la bouche, parce que j'aime embrasser. Pas mal... il se débrouille bien avec sa langue. Il se jette sur ma bite, m'enlève pantalon et slip, je bande dur, il ne
m'en faut en général pas beaucoup. Je n'ai pas le droit de le toucher, je dois le laisser s'occuper de moi. Soit ! Je suis un amant adaptable alors je le laisse faire, même si baiser est bien un
des seuls domaine où je ne sois pas feignasse. L'adaptabilité, c'est pour moi une qualité essentielle. Rien de plus frustrant que les mecs qui ne prennent leur pied que dans une seule position,
avec un seul trip, toujours le même. Quand faire l'amour deux fois de suite relève du copié-collé, ça devient vite très chiant.
Bon la pipe, c'est pas trop mon truc en fait. C'est pas désagréable, mais ça ne me fait pas beaucoup d'effet. je le laisse faire, et répond même par l'affirmative quand il me demande s'il me suce
bien. Il descend (en fait c'est moi qui me cambre un max pour présenter une autre partie de moi en face de sa bouche), là je préfère, et de loin. Il m'est toujours interdit de toucher sa
bite. Mais je remarque qu'il bande mou. Ce genre de détail me fait toujours douter sur mon pouvoir d'exciter un mec.
Je remarque qu'il porte un slip sous son boxer. Il me dit qu'il fait toujours ça.
Changement de position. Lui allongé sur le canapé, moi à cheval sur son torse pour poursuivre la fellation. Il me râpe la bite avec ses dents, grrrrrrr. Je m'avance, je crois qu'il a compris
que je préfère qu'on me lèche la rondelle.
Et là d'un coup, au bout de quinze minutes, il me dit l'air paniqué : oh merde, je vais éjaculer. Ce qu'il fait...
Voilà, fin des hostilités. J'étais loin d'avoir fini moi, merde ! J'avais même juste commencé en fait. Mais visiblement c'est fini. Direction salle de bain.
J'ai de son sperme sur les cuisses, de sa salive plein le cul et la bite. J'essuie avec une serviette, beurk... mais la salle de bain ne me donne pas envie de prendre une douche.
On rediscute après avoir renfilé nos sous-vêtements. Il est embêté quand même que je n'ai pas jouis. Moi aussi, forcément, mais comme je suis gentil, je lui dis que ce n'est pas bien important. Il
me dit qu'il a très envie de me faire rencontrer certains de ses amis avec qui je devrais m'entendre.
Le bilan de cette soirée : plan cul assez nul, mais rencontre intéressante. Ce garçon est cultivé, drôle, complexe. Ca me change vraiment des gars d'ici, en général si simples, voire carrément
simples d'esprit. Vu le nombre que j'ai testé, je peux me permettre ce genre de jugement. Si si, je peux.
Ma statégie de me servir d'un pédé pour rencontrer d'autres pédés dans l'espoir d'enfin en dégoter un de valable, un petitamisable, élaborée depuis des années mais jamais mise en oeuvre, va peut
être enfin pouvoir être mise en action.
Je ne me sens même pas machiavélique. Je suis juste guidé par l'instinct de survie.
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