Samedi 7 novembre 2009
Me voilà donc engagé dans une relation amoureuse. J'aime l'idée d'avoir un petit ami. C'est tellement pas courant pour moi. Limite exotique... "François, mon petit ami"... Ca sonne bien à mes
oreilles. "Quoi de neuf ? J'ai un petit ami".
Compte tenu de la distance qui nous sépare, de nos emplois du temps respectifs, de nos capacités financière, une telle relation nécessite un petit peu d'organisation. Je dirais même, de planification. J'y vais en avion, et les billets sont bien moins chers si achetés à l'avance. Je prolonge mon week end en prenant vendredi et lundi en congé, à poser un peu à l'avance tout de même. Profiter au maximum des ponts éventuels, des évènements locaux intéressants, etc...
Tout cela me rend l'attente très supportable. L'idée de la relation longue distance, alors que je m'étais bien jurée de ne jamais retomber dedans, me séduit au final. Pas de quotidien ennuyeux, réelle joie de se voir, effet de manque qui augmente l'excitation, dépaysement à chaque voyage, impression d'avoir une vie un peu originale.
Je ne suis pas gêné par l'espacement des rapports sexuels. Je suis capable d'abstinence sans aucun problème, sachant que de toute façon, dans quelques jours, semaines, je le retrouverai et j'en aurai ma dose, de calins, galipettes, pénétrations, baisers, orgasme, plaisir quoi. Et puis nous nous parlons presque tous les jours, ça maintient un lien que je sens devenir fort. Enfin non nous ne nous parlons pas, mais nous écrivons.
J'ai toujours été meilleur à l'écrit qu'à l'oral, dans mes études comme dans la vie. Ecrire ne m'est pas difficile, les mots viennent et passent sans trop de peine de mon cerveau à mes doigts, de mes doigts au clavier ou au stylo, alors qu'ils restent bien souvent coincés dans un recoin de mon larynx quand il s'agit de les prononcer. Je dois avoir à force comme un kyste, une poche, un polype, un truc bizarre au larynx tout plein de mots jamais prononcés. Si un jour j'ai un cancer du larynx, cela viendra forcément de là, de tous ces mots qui en auront eu marre de ne pas sortir et se seront mis à fermenter, à pourrir, à gangrenner ce qu'il y a autour... et nullement, bien entendu, à cause des deux paquets de clopes consommés quotidiennement depuis ma rupture.
Faire des plans, moi ça me plait. Ca fait monter en moi l'excitation, je décompte les jours, je fais ma valise, je réserve les vêtements que je porterai quand je serai chez lui ou qu'il viendra chez moi, je suis impatient, mais pas frustré. Non, pas de frustration dans l'attente, puisque je sais qu'elle sera satisfaite bientôt.
François, lui, me dit qu'il n'aime pas planifier. Je tique. Je lui explique ma façon de voir les choses... il esquive, mais accepte tout de même que j'organise un peu les choses. Mais répète qu'il n'aime pas planifier à l'avance. Je le note.
Je le note oui, car ça démontre pour moi un léger manque d'implication dans la relation. Mince, voilà que ça me turlupine, y avait longtemps... un séjour chez lui, tout se passe bien, je me sens bien, il me parle même un peu de lui, de son histoire, de son passé, de ce qui l'a construit.
François semble avoir rencontré un jour l'homme de sa vie. Il y a longtemps. Il avait le même prénom que moi, tiens. Il l'a toujours d'ailleurs, leur histoire ne s'est pas terminé dans un drame sanglant, un accident d'hélicoptère, une longue maladie mortelle... Non, François s'est juste fait larguer. Le mot "juste" n'est pas ici prononcé pour minimiser les effets d'une rupture unilatérale. Mais bon, voilà, il a aimé, a été aimé, puis plus aimé, rejeté, quoi de plus banal en somme ?
Là encore, banal ne signifie pas pour moi insignifiant. Banal veut juste dire que nous sommes tous ou presque passés par là, et qu'un rand nombre d'entre nous y a survécu.
Quand même, ça cabosse ce genre de chose. Je le comprends. Je comprends aussi qu'après cette rupture, François et son ex ont continué à se voir, je suppose même ont continué à coucher ensemble de temps en temps, quand l'ex n'avait pas de mec, périodes pendant lesquelles un ex peut être bien pratique. Il lui aura fallu près de trois ans de cette relation bancale, unilatérale, pour comprendre combien elle est destructrice. Trois ans pour qu'il décide de couper tout contact avec cet ex qui lui fait bien plus de mal que de bien. Je ne juge pas, chacun son rythme, chaucun son histoire. Même s'il raconte ça de manière assez désinvolte, je comprends la douleur qu'il peut avoir ressenti. Je comprends aussi une chose, c'est que ciq ans après, il n'a pas encore digéré tout cela. J'y reviendrai.
J'imagine très bien comment François a pu vivre cette période, même si je n'en ai pas connu de semblable, personnellement. Je ne déteste rien moins que les gens qui vous disent "tu ne peux pas comprendre, tu n'es jamais passé par là". Ben si je peux, je peux au moins essayer, et je suis doué d'une intelligence et d'une capacité de compassion qui effectivement, me permet de comprendre ce que mes contemporains peuvent ressentir, douleur ou joie, peine ou bonheur. Si si j'vous jure, j'y arrive ! Et le pire c'est que j'aime essayer de comprendre ce que mes amis ressentent. Joëlle Mazard est en moi, je ne le répèterai jamais assez !
François loue une parcelle dans un jardin collectif. Ca me plait ce concept, tout le monde n'ayant pas la chance d'avoir son propre jardin comme moi. Il m'y amène, c'est assez loin de chez lui, trente minutes de marche vu qu'il n'a pas de voiture. J'aime l'endroit. Je suis un peu surpris tout de même... je m'attendais, de la part d'un paysagiste, à quelque chose de mieux. Je ne sais pas... plus structuré, mieux entretenu. J'aime tout de même cet endroit qui est finalement assez représentatif de l'idée que je me fais de lui. Et puis c'est son jardin quoi...
Ce que j'apprends par contre, me laisse assez circonspect. Le jardin dans sa globalité, toute la parcelle quoi, appartient à une personne. Cette personne n'est autre que le fameux ex. En résumé, François ne veut plus avoir aucun contact avec son ex, mais continue de lui louer une parcelle de jardin (à titre gracieux en fait, si je me souviens bien). Mieux, en faisant le tour du jardin, il me montre les autres parcelles, très différentes, et nous arrivons devant celle de son ex et de son nouveau copain. Non sans avoir bien évidemment vérifié que ni l'un ni l'autre n'était là... Une phrase me glace alors le sang : "Je vais pisser sur ses tomates pour les faire crever, à ce connard". Cinq ans... cinq ans qu'il ne lui parle plus... cinq quand que cette histoire est censée être finie et bien finie... et arriver à penser ça, à en parler avec un tel manque de déférence... oui, ça me glace le sang... je ne dis rien, mais encore une fois je le note. Je commence un peu à avoir peur aussi...
Le même week end, nous allons boire l'apéritif chez ses voisins. L'ambiance entre voisins semble excellente dans cet ancine couvent desservi par des coursives. Une bande de copains habitent au même endroit, j'aime le concept. Nous voilà donc chez Laurent, rez-de-chaussé vue sur jardin, avec Eve, la voisine du dessus. Je trouve ça chouette qu'il me présente ses amis... je trouve ça signifiant. Bon je sais, je trouve tout signifiant. Mais tout de même... on ne présente pas n'importe qui à ses amis il me semble...
Eve demande comment nous nous sommes rencontrés. Et là j'apprends que très vite, lorsqu'il a lu mon blog, bien avant que moi je n'envisage même de savoir qui est ce commentateur rigolo, il a enquêté, il a checher sur le net à savoir qui j'étais, et qu'il était attiré par ce barbu qu'il trouvait charmant. jamais il ne m'avait dit ça... mon petit coeur fait boum dans ma poitrine.
Ces voisins sont vraiment sympathiques, je me sens bien. Et puis soudain la conversation arrive sur le couple. Je ne sais plus comment ni pourquoi, mais j'entends très distinctement François dire "le couple moi, j'ai donné, et je passe mon tour, plus jamais de couple, non merci". Gloups ! Mon petit coeur refait boum, mais pas tout à fait dans le même sens... je saute juste eux ou trois battements je crois bien... mais ne dis rien.
Encore une fois je note... encore une fois la peur revient...
Ce ne sera pas la dernière fois, la suite demain.
Compte tenu de la distance qui nous sépare, de nos emplois du temps respectifs, de nos capacités financière, une telle relation nécessite un petit peu d'organisation. Je dirais même, de planification. J'y vais en avion, et les billets sont bien moins chers si achetés à l'avance. Je prolonge mon week end en prenant vendredi et lundi en congé, à poser un peu à l'avance tout de même. Profiter au maximum des ponts éventuels, des évènements locaux intéressants, etc...
Tout cela me rend l'attente très supportable. L'idée de la relation longue distance, alors que je m'étais bien jurée de ne jamais retomber dedans, me séduit au final. Pas de quotidien ennuyeux, réelle joie de se voir, effet de manque qui augmente l'excitation, dépaysement à chaque voyage, impression d'avoir une vie un peu originale.
Je ne suis pas gêné par l'espacement des rapports sexuels. Je suis capable d'abstinence sans aucun problème, sachant que de toute façon, dans quelques jours, semaines, je le retrouverai et j'en aurai ma dose, de calins, galipettes, pénétrations, baisers, orgasme, plaisir quoi. Et puis nous nous parlons presque tous les jours, ça maintient un lien que je sens devenir fort. Enfin non nous ne nous parlons pas, mais nous écrivons.
J'ai toujours été meilleur à l'écrit qu'à l'oral, dans mes études comme dans la vie. Ecrire ne m'est pas difficile, les mots viennent et passent sans trop de peine de mon cerveau à mes doigts, de mes doigts au clavier ou au stylo, alors qu'ils restent bien souvent coincés dans un recoin de mon larynx quand il s'agit de les prononcer. Je dois avoir à force comme un kyste, une poche, un polype, un truc bizarre au larynx tout plein de mots jamais prononcés. Si un jour j'ai un cancer du larynx, cela viendra forcément de là, de tous ces mots qui en auront eu marre de ne pas sortir et se seront mis à fermenter, à pourrir, à gangrenner ce qu'il y a autour... et nullement, bien entendu, à cause des deux paquets de clopes consommés quotidiennement depuis ma rupture.
Faire des plans, moi ça me plait. Ca fait monter en moi l'excitation, je décompte les jours, je fais ma valise, je réserve les vêtements que je porterai quand je serai chez lui ou qu'il viendra chez moi, je suis impatient, mais pas frustré. Non, pas de frustration dans l'attente, puisque je sais qu'elle sera satisfaite bientôt.
François, lui, me dit qu'il n'aime pas planifier. Je tique. Je lui explique ma façon de voir les choses... il esquive, mais accepte tout de même que j'organise un peu les choses. Mais répète qu'il n'aime pas planifier à l'avance. Je le note.
Je le note oui, car ça démontre pour moi un léger manque d'implication dans la relation. Mince, voilà que ça me turlupine, y avait longtemps... un séjour chez lui, tout se passe bien, je me sens bien, il me parle même un peu de lui, de son histoire, de son passé, de ce qui l'a construit.
François semble avoir rencontré un jour l'homme de sa vie. Il y a longtemps. Il avait le même prénom que moi, tiens. Il l'a toujours d'ailleurs, leur histoire ne s'est pas terminé dans un drame sanglant, un accident d'hélicoptère, une longue maladie mortelle... Non, François s'est juste fait larguer. Le mot "juste" n'est pas ici prononcé pour minimiser les effets d'une rupture unilatérale. Mais bon, voilà, il a aimé, a été aimé, puis plus aimé, rejeté, quoi de plus banal en somme ?
Là encore, banal ne signifie pas pour moi insignifiant. Banal veut juste dire que nous sommes tous ou presque passés par là, et qu'un rand nombre d'entre nous y a survécu.
Quand même, ça cabosse ce genre de chose. Je le comprends. Je comprends aussi qu'après cette rupture, François et son ex ont continué à se voir, je suppose même ont continué à coucher ensemble de temps en temps, quand l'ex n'avait pas de mec, périodes pendant lesquelles un ex peut être bien pratique. Il lui aura fallu près de trois ans de cette relation bancale, unilatérale, pour comprendre combien elle est destructrice. Trois ans pour qu'il décide de couper tout contact avec cet ex qui lui fait bien plus de mal que de bien. Je ne juge pas, chacun son rythme, chaucun son histoire. Même s'il raconte ça de manière assez désinvolte, je comprends la douleur qu'il peut avoir ressenti. Je comprends aussi une chose, c'est que ciq ans après, il n'a pas encore digéré tout cela. J'y reviendrai.
J'imagine très bien comment François a pu vivre cette période, même si je n'en ai pas connu de semblable, personnellement. Je ne déteste rien moins que les gens qui vous disent "tu ne peux pas comprendre, tu n'es jamais passé par là". Ben si je peux, je peux au moins essayer, et je suis doué d'une intelligence et d'une capacité de compassion qui effectivement, me permet de comprendre ce que mes contemporains peuvent ressentir, douleur ou joie, peine ou bonheur. Si si j'vous jure, j'y arrive ! Et le pire c'est que j'aime essayer de comprendre ce que mes amis ressentent. Joëlle Mazard est en moi, je ne le répèterai jamais assez !
François loue une parcelle dans un jardin collectif. Ca me plait ce concept, tout le monde n'ayant pas la chance d'avoir son propre jardin comme moi. Il m'y amène, c'est assez loin de chez lui, trente minutes de marche vu qu'il n'a pas de voiture. J'aime l'endroit. Je suis un peu surpris tout de même... je m'attendais, de la part d'un paysagiste, à quelque chose de mieux. Je ne sais pas... plus structuré, mieux entretenu. J'aime tout de même cet endroit qui est finalement assez représentatif de l'idée que je me fais de lui. Et puis c'est son jardin quoi...
Ce que j'apprends par contre, me laisse assez circonspect. Le jardin dans sa globalité, toute la parcelle quoi, appartient à une personne. Cette personne n'est autre que le fameux ex. En résumé, François ne veut plus avoir aucun contact avec son ex, mais continue de lui louer une parcelle de jardin (à titre gracieux en fait, si je me souviens bien). Mieux, en faisant le tour du jardin, il me montre les autres parcelles, très différentes, et nous arrivons devant celle de son ex et de son nouveau copain. Non sans avoir bien évidemment vérifié que ni l'un ni l'autre n'était là... Une phrase me glace alors le sang : "Je vais pisser sur ses tomates pour les faire crever, à ce connard". Cinq ans... cinq ans qu'il ne lui parle plus... cinq quand que cette histoire est censée être finie et bien finie... et arriver à penser ça, à en parler avec un tel manque de déférence... oui, ça me glace le sang... je ne dis rien, mais encore une fois je le note. Je commence un peu à avoir peur aussi...
Le même week end, nous allons boire l'apéritif chez ses voisins. L'ambiance entre voisins semble excellente dans cet ancine couvent desservi par des coursives. Une bande de copains habitent au même endroit, j'aime le concept. Nous voilà donc chez Laurent, rez-de-chaussé vue sur jardin, avec Eve, la voisine du dessus. Je trouve ça chouette qu'il me présente ses amis... je trouve ça signifiant. Bon je sais, je trouve tout signifiant. Mais tout de même... on ne présente pas n'importe qui à ses amis il me semble...
Eve demande comment nous nous sommes rencontrés. Et là j'apprends que très vite, lorsqu'il a lu mon blog, bien avant que moi je n'envisage même de savoir qui est ce commentateur rigolo, il a enquêté, il a checher sur le net à savoir qui j'étais, et qu'il était attiré par ce barbu qu'il trouvait charmant. jamais il ne m'avait dit ça... mon petit coeur fait boum dans ma poitrine.
Ces voisins sont vraiment sympathiques, je me sens bien. Et puis soudain la conversation arrive sur le couple. Je ne sais plus comment ni pourquoi, mais j'entends très distinctement François dire "le couple moi, j'ai donné, et je passe mon tour, plus jamais de couple, non merci". Gloups ! Mon petit coeur refait boum, mais pas tout à fait dans le même sens... je saute juste eux ou trois battements je crois bien... mais ne dis rien.
Encore une fois je note... encore une fois la peur revient...
Ce ne sera pas la dernière fois, la suite demain.
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